Sur la piste des castors

Depuis près de dix ans, les castors ont fait leur réapparition dans le bassin de la Thyle après plusieurs siècles de disparition. Victimes dans les années 90 de réintroductions illégales notamment en Ardennes, ces remarquables mammifères aquatiques ont progressivement remontés les cours d’eau et se sont installés naturellement dans des lieux qu’ils ont jugé propices à leur épanouissement et leur pérennité.

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Depuis octobre 2016, un couple de castors a pris ses quartiers sur un des affluents de la Thyle, le ry d’Hez. Ce ruisseau est presqu’exclusivement forestier sur une grande partie de son cours. Il traverse des milieux variés et contrastés allant de la prairie humide en passant par la pessière. C’est à Tangissart, hameau de Court-Saint-Etienne, qu’il termine sa course avant de se jeter dans la Thyle, un peu en amont de l’ancien moulin de La Roche.

Depuis qu’ils se sont installés sur le ry d’Hez, les castors ont édifié des barrages sur le cours d’eau (en remontant de l’aval vers l’amont) et cela sur plus de 250 mètres de long. Ces barrages, en élevant le niveau d’eau, leur permettent de circuler aisément tout le long du cours d’eau. En parallèle, ils se sont affairés à creuser des galeries le long des berges en vue d’établir un terrier-hutte définitif. Depuis le printemps 2017, les castors ont pu enfin établir leur gîte.

Les barrages

Les barrages sont des constructions insolites et typiques des castors. Ils ont plusieurs buts. Le premier est avant tout d’ordre pratique ; assurer une confortable aisance de mobilité sur le ruisseau à l’ensemble des individus que constitue l’unique famille présente sur le site. Pour ce faire, on estime que 60 centimètres de profondeur d’eau (au minimum) est une profondeur jugée nécessaire et indispensable à leur déplacement aquatique.

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En favorisant la hauteur du ruisseau, le castor augmente aussi ses chances de mettre l’entrée de son gîte sous eau, une condition pour empêcher l’accès au terrier des éventuels prédateurs au rang desquels on pouvait compter autrefois le loup, l’ours ou le lynx. Aujourd’hui, même si ces espèces ont disparu de nos régions et que le castor adulte n’a plus de prédateur direct, notre mammifère garde pourtant cet instinct de construction d’entrée de gîte sous eau pour défendre sa progéniture du renard notamment, prompt à croquer les jeunes castorins. 

Un mode alimentaire exclusivement végétarien

Le castor ne mange pas de poissons. Il est exclusivement végétarien, grignotant branches et troncs pour en extraire les éléments nutritifs essentiels à son développement. Lorsque la saison le permet, il se nourrit aussi d’herbes notamment celles riches en acide salicylique comme la Reine-des-prés (Filipendula ulmaria). 

Le castor doit sans cesse ronger car ses incisives sont en constante croissance. Il les use donc au grignotage et à l’écorçage. Et le travail ne manque pas : bois pour les barrages, copeaux pour la litière au coeur du gîte, …

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Un autre site, une autre famille…

Lors de l’automne 2017, une famille est venue s’installer en amont du site de Tangissart, à la lisière du village du Fosty. 

Là encore, le lieu est l’endroit idéal pour l’expansion sereine et positive d’une famille de castors. La nourriture ne manque pas et le couvert végétal et arboré est idéal. Peupliers, saules, aulnes,…  

Sensibilisation du grand public

Ces dernières années ont vu fleurir quantité de nouveaux sites « à castors » en Wallonie créant parfois, dans certaines régions,  des tensions entre les êtres humains et ces rongeurs insatiables. Des campagnes d’information et de sensibilisation ont été mises au point par différentes associations dont Natagora. Cette dernière a mis sur pied en 2018 un groupe de travail et de réflexion sur le castor. Une des intentions de ce groupe de travail est de mettre en place un réseau de personnes correctement informées qui se chargeraient de veiller sur l’évolution de sites à castors. 

Actuellement, le castor, le site dans lequel il évolue, ses barrages et toutes ses constructions sont intégralement protégés. 

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Intéressé(e) par une visite guidée d’un site à castors ?

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Des lectures sur ces étonnants rongeurs…

1) Le Castor, Pierre CABARD, Editions Delachaux et Niestlé, 2009. 

Un ouvrage largement illustré sur les castors européens et reposant sur des enquêtes menées notamment sur les castors de Touraine (France). Un examen fouillé de la répartition, la description, l’habitat et les moeurs d’un des plus gros mammifères européens. 

2) Le Castor et l’homme d’hier à aujourd’hui, Alexandra LIARSOU, Editions L’Harmattan, 2015.

Une recherche approfondie sur les castors nord-américains et eurasiatiques. Une étude qui fait appel à l’histoire, l’archéologie et l’éthologie.

3) Le Retour des castors : surprises écologiques, Josef H. REICHHOLF, Editions Flammarion, 1999. 

Cet ouvrage qui se présente comme une réflexion sur certains phénomènes écologiques observables, aborde la question actuelle de la réapparition du castor dans nos contrées. 

4) Un homme et des bêtes, Grey OWL, Editions Boivin and Cie, 1941.

Un roman d’un homme qui va consacrer une partie de sa vie à protéger et sauver les castors du Grand Nord canadien qu’il avait autrefois lui-même chassés. 

5) Sajo et ses castors, Grey OWL, Editions Souffles, 2013. 

Un court roman pour les plus jeunes d’entre nous. Sajo et Shapian sont deux jeunes indiens Ojibways qui vivent dans la région des grands lacs. Une amitié se liera entre eux et deux petits castors recueillis. 

6) La Rivière aux castors, Alain SURGET, Editions Calligram, 2012. 

Un autre roman pour la jeunesse… Une pluie d’arbres s’affale sur l’étang et manque de blesser des pêcheurs. Ils remarquent que les troncs ont été rongés par les castors qui envahissent leur territoire de pêche… Une lecture pour les plus jeunes.  

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